L’intelligence artificielle possède un impact plus important sur l’environnement que les autres activités numériques. Il faut donc être spécialement attentif à cet usage.
Proscrire les usages futiles
Les effets de mode, nous poussent parfois à créer des contenus inutiles justes pour faire comme tout le monde. Je pense notamment à la tendance des starters packs. Il arrive parfois qu’on interroge l’IA non pas pour avoir une information ou un contenu, mais simplement pour voir ce que l’IA aurait proposé. L’intérêt n’est pas toujours évident.
Par exemple, on pourra désactiver de systématiquement avoir un réponse IA dans les moteurs de recherches. De manière générale, il faut désactiver l’IA qui nous est parfois imposée là où on ne l’attend pas (quand c’est possible). Voici une technique pour retirer Gemini des résultats Google .
Comme l’IA sollicite beaucoup de ressources (même quand elle est gratuite), il est important de l’utiliser à bon escient.
Ne pas dépendre entièrement de l’IA
Les acteurs de l’intelligence artificielle sont majoritairement américains. Cela signifie qu’ils dépendent du Cloud Act (et qu’ils peuvent être amenés à envoyer vos informations au gouvernement américain, sans vous en informer). Cela signifie également que les États-Unis peuvent utiliser ce levier pour faire pression sur l’Europe, notamment avec la menace de couper brutalement les services US.
D’autre part, le secteur de l’intelligence artificielle fonctionne actuellement à pertes. Aucun acteur ne s’y retrouve financièrement malgré leurs énormes efforts d’optimisations. Quand le marché se structurera, ce qui devrait arriver dans les prochains mois, il est vraisemblable que le coût d’usage de l’IA augmentera significativement (x10 ? x100 ?)
Enfin, les aléas climatiques prouvent qu’il sera de plus en plus compliqué d’assurer le fonctionnement permanent des centres de données. Les systèmes ne peuvent parfois pas refroidir à cause des températures records en extérieur. L’eau peut être amenée à manquer et la production d’électricité peut également souffrir du climat…
Il est donc primordial d’être capable de se passer de l’IA dans les années à venir… au moins temporairement. Mais si nous continuons à tout déléguer à l’IA, nous allons petit à petit perdre certaines compétences clés.
Choisir un modèle adapté à son besoin
Tous les modèles d’IA n’ont pas le même impact sur l’environnement. Il existe des modèles plus ou moins énergivores. Pour des demandes simples, un petit modèle peut s’avérer tout aussi efficace qu’un modèle plus important, avec une réponse plus rapide et des impacts environnementaux moindre.
Pour évaluer les impacts d’une requête sur l’IA générative, je recommande l’emploi d’ EcoLogits . L’outil n’est pas parfait, mais il permet de bien palier au manque de transparence des acteurs du milieu et surtout d’avoir une base comparative relativement fiable.
À titre d’exemple, une conversation avec Mistral Small est 300 fois moins énergivore que la même conversation avec GPT 5 pro d’OpenAI.
Optimiser ses prompts pour de meilleurs résultats
En fonction de la demande, on peut avoir des résultats plus pertinent et plus efficient avec un prompt judicieux.
On pourra par exemple structurer le prompt avec le rôle, la tâche, les contraintes… Il faudra s’assurer que le contexte qu’on envoie dans la requête est pertinent… Il s’agit de tout un ensemble de bonnes pratiques qui peuvent largement améliorer ses usages.
Et oui, même si la prise en main d’un LLM est excessivement simple, il faut tout de même apprendre à utiliser de manière efficace. Voici quelques pistes de formations en ligne gratuites :
- Comment créer des prompts efficaces : guide du débutant par France Num.
- Anthopic propose toute une série de formations en ligne sur l’intelligence artificielle générative.
- L’inria propose également un MOOC gratuit L’Intelligence Artificielle… avec intelligence ! (10h)
- Un cours en ligne issue d’une collaboration européenne : Introduction à IA (15h)
Évaluer ses usages et ses impacts
On peut rapidement perdre de vue le nombre de fois où on utilise l’IA et avec quels modèles. Heureusement, il existe des outils qui permettent de suivre votre usage et votre impact carbone :
Je suppose que cette liste est amenée à s’étoffer au fil du temps.
Vous pouvez directement participer à cette page. Pour cela vous pouvez :
- Faire une merge request sur Gitlab ;
- Me contacter via le formulaire de ce site.